Fondamentaux BGPPublié le 23 mai 2026Temps de lecture : 14 min
Comment fonctionne BGP : préfixes, AS path, décisions de routage et impact DDoS
BGP est le protocole qui permet aux réseaux d’annoncer leur joignabilité. Comprendre préfixes, AS path, communautés et préférence de route est indispensable avant d’acheter du transit protégé.
BGP annonce des préfixes
Un AS indique quels blocs IP il sait joindre.
La meilleure route est politique
AS path, local-pref, MED et communautés influencent le choix.
DDoS et BGP sont liés
Attirer, déplacer ou retirer une route change directement l’exposition réseau.
BGP, pour Border Gateway Protocol, est le protocole qui permet aux réseaux autonomes d’Internet de s’échanger des routes. Quand une entreprise annonce un préfixe IPv4 ou IPv6, elle dit au reste du monde : “pour joindre ces IP, passez par ce chemin”. BGP ne transporte pas les paquets utilisateurs ; il transporte des décisions de routage. Comprendre ce point est essentiel pour l’Anti-DDoS : la protection ne commence pas au firewall, elle commence souvent par la manière dont le trafic est attiré vers un réseau capable de l’absorber, de le filtrer et de relivrer ce qui est légitime.
Transit IP protégé
Peeryx rend le design BGP exploitable
Peeryx peut gérer un modèle avec votre ASN, un under-ASN, un AS-SET, des tunnels ou un cross-connect pour que le routage et la mitigation restent lisibles.
Beaucoup résument BGP à “le protocole d’Internet”. C’est vrai, mais insuffisant pour l’exploiter. BGP est un système d’annonces entre AS : chaque réseau publie des préfixes, reçoit ceux des autres et choisit une route selon sa politique locale. Il n’existe pas une autorité centrale qui choisit le meilleur chemin pour tout le monde.
Cette nature distribuée rend BGP puissant, mais parfois contre-intuitif. Le chemin choisi par un FAI peut être différent de celui choisi par un autre. Une route plus spécifique peut attirer plus de trafic. Une communauté peut demander à un transitaire de modifier la préférence, de prepender ou de blackholer. Pour acheter ou vendre du transit protégé, ces détails ne sont pas optionnels.
Pourquoi c’est important
BGP est important pour le DDoS parce qu’il contrôle l’endroit où arrive le trafic avant filtrage. Si votre préfixe est annoncé uniquement depuis un petit port, une attaque volumétrique peut saturer avant que le moindre serveur n’ait l’occasion de répondre. Si le préfixe est annoncé vers un réseau de mitigation, le trafic arrive d’abord là où il peut être absorbé.
La relivraison est tout aussi importante. Après nettoyage, le trafic doit revenir vers l’infrastructure client par tunnel, cross-connect ou autre mécanisme. Sans modèle BGP clair, on obtient des asymétries imprévues, des routes qui se battent, des annonces plus spécifiques mal contrôlées ou des sessions clients instables.
Les solutions possibles
La première solution est d’utiliser le BGP client classique : le client annonce ses préfixes à un fournisseur, reçoit une table complète ou une route par défaut, puis maîtrise son routage sortant. C’est adapté aux équipes réseau expérimentées.
La seconde solution est l’annonce sous ASN fournisseur. Le client délègue une partie du routage au prestataire, souvent plus simple pour démarrer. Le risque est de perdre en visibilité si le fournisseur n’explique pas comment les routes sont gérées.
La troisième solution, fréquente en mitigation, consiste à annoncer le préfixe vers le réseau Anti-DDoS puis à relivrer le trafic propre par GRE, IPIP, VXLAN, router VM ou cross-connect. C’est ce modèle qui doit être documenté avant une crise.
eBGP client
Contrôle fort, mais demande de la compétence réseau.
Annonce opérée
Plus simple à lancer, mais dépend de la transparence fournisseur.
Transit protégé
Le trafic est attiré vers le filtrage puis relivré proprement.
Élément BGP
Rôle
Impact Anti-DDoS
Préfixe
Bloc IP annoncé
Détermine ce qui est protégé
AS path
Chemin d’AS
Influence l’attraction trafic
Communauté
Instruction opérateur
Peut modifier préférence ou blackhole
Transformer les décisions BGP en routage protégé prévisible
Peeryx pense BGP comme une brique de contrôle, pas comme une promesse marketing. Pour chaque client, il faut savoir qui annonce le préfixe, avec quel AS, sur quels ports, avec quelles limites de préfixes, quelles communautés et quel mode de retour trafic.
Dans un modèle de transit IP protégé, BGP sert à attirer le trafic vers la capacité de mitigation. Le filtrage Anti-DDoS traite ensuite le trafic, et la relivraison se fait selon l’intégration choisie. Ce découpage évite une confusion classique : BGP attire le trafic, mais il ne décide pas seul qu’un paquet est légitime.
Pour les clients gaming ou hébergeurs, cette clarté est critique. Une annonce plus spécifique, un mauvais retour par défaut ou une asymétrie non prévue peut changer la latence et la stabilité. Le design doit donc être écrit avant la mise en production.
BGP inclus
Le transit protégé peut intégrer annonce BGP, under-ASN et AS-SET selon le besoin.
Relivraison flexible
GRE, IPIP, VXLAN, router VM ou cross-connect selon la topologie client.
Vision opérateur
On parle préfixes, capacité, règles, sessions et retour trafic, pas seulement “protection”.
Un hébergeur possède un /24 IPv4 et veut protéger plusieurs clients. Avec BGP, il peut annoncer ce préfixe vers Peeryx, attirer le trafic entrant vers le filtrage, puis récupérer le trafic propre dans son réseau. Les clients conservent leurs IPs, ce qui évite une migration douloureuse.
Un autre client sans ASN peut préférer des IPs protégées opérées par Peeryx. Le modèle BGP reste présent, mais il est masqué côté client. Dans les deux cas, le succès dépend du même point : le chemin réseau doit être compris, testé et surveillé.
Erreurs fréquentes
Les erreurs BGP sont rarement spectaculaires au début. Elles apparaissent quand le trafic augmente, quand un transitaire change de préférence ou quand une attaque force le réseau à utiliser des chemins prévus uniquement sur papier.
Croire que BGP filtre les paquets comme un firewall.
Annoncer un préfixe sans définir le chemin de retour du trafic propre.
Oublier les limites de préfixes IPv4/IPv6 chez le transitaire.
Utiliser des routes plus spécifiques sans stratégie claire.
Ne pas mettre en place RPKI/ROA et une hygiène de routage minimale.
FAQ
BGP est-il obligatoire pour une protection DDoS ?
Non. On peut utiliser des IPs protégées ou des tunnels, mais BGP devient très utile dès qu’il faut protéger ses propres préfixes.
BGP choisit-il toujours le chemin le plus court ?
Non. Il choisit selon des politiques et attributs, pas uniquement selon la distance géographique.
Une table complète est-elle nécessaire ?
Pas toujours. Certains clients utilisent une route par défaut ; d’autres veulent une full table pour contrôler précisément l’egress.
BGP suffit-il contre les DDoS ?
Non. BGP attire ou retire le trafic. Le filtrage doit être assuré par une couche Anti-DDoS.
Conclusion
BGP n’est pas magique, mais c’est l’un des leviers les plus importants d’un design Anti-DDoS sérieux. Il indique où va le trafic, comment les réseaux se joignent et comment une mitigation peut être insérée sans changer toutes les IPs. Le bon fournisseur doit donc expliquer son routage aussi clairement que sa capacité de filtrage.
Ressources
Lectures liées
Pour approfondir le sujet, voici d’autres pages et articles utiles.
Besoin d’un routage BGP propre pour protéger vos préfixes ?
Envoyez-nous vos préfixes, vos transitaires actuels, votre trafic moyen et vos contraintes de latence. On cadrera d’abord le modèle de relivraison propre avant de parler tarif.